Un exemple d'agriculture durable

 

Un jeune agriculteur/éleveur à Cricqueville-en-Auge a des terres dans le marais et a une démarche exemplaire complétement en harmonie avec l'environnement :

  • Prairies naturelles
  • Pas d'utilisation de pesticides et d'engrais,
  • Economies d'énergie grâce au solaire : panneaux solaires et en particulier un séchoir solaire pour le foin remarquable

Ce dernier lui permet d'économiser des tourteaux, des granulés sans compter le fuel. Son élevage est constitué de vaches nomandes qui produisent plus de lait à meilleur coût sans compter la qualité de la viande. Cette démarche d'avenir permet aussi un maintien optimal de la biodiversité.

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Elevage dans les marais

Lorsque l'agriculteur applique des méthodes écologiques innovantes, c'est tout le monde et bien sûr la Nature qui y gagne !

Le système installé par Philippe GALLOT, éleveur à Hotot-en-Auge est d'usage courant en Espagne, par soucis d'économie d’eau en particulier. C'est surtout l'hiver, lorsque les animaux sont en stabulation, sur sol bétonné et que le temps est à la pluie, qu'il est nécessaire de collecter les eaux de ruissellement chargées de lisier. Parmi l'ensemble des acteurs des marais, l'agriculteur est la clé de voûte de la préservation des marais. La mise aux normes des bâtiments d'élevage recommande de stocker toute cette eau dans de grandes citernes en béton, celles-ci étant vidées dès la fin du printemps sur les cultures. Cette pratique engendre des odeurs tout le long de l'année et notamment lors de l'épandage... Il existe d'autres solutions telles que celle expérimentée sur cette ferme d'Hotot-en-Auge : les lagunes de décantation. Le principe est simple : les eaux chargées sont collectées en sortie de la stabulation et envoyées dans un premier bassin de lagunage étanche (un bassin entouré de digues en argile) pour décanter les matières en suspension qui se déposent au fond. L'eau plus claire s'écoule ensuite dans un second bassin de lagunage pour y être stockée jusqu'en été. C’est là, qu’en période sèche, elle va servir à arroser les cultures, à l'aide d'arroseurs automatiques, sans les odeurs de l'épandage...

Cette pratique permet également d'économiser la main d'œuvre (donc du temps et de la fatigue) ainsi que le fioul du tracteur pour l'épandage.

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Une autre astuce réduit à la fois la quantité de lisier et les quantités d'engrais: ainsi, en remplaçant le tandem maïs (ensilage) /soja (importé) par la culture du trèfle et du tournesol, l'agriculteur peut mettre ses vaches plus rapidement aux champs au printemps (au moins un mois plus tôt). Le trèfle capte l'azote de l'air pour le fixer dans le sol, donc plus besoin d'engrais, ni d'ailleurs de pesticides : l'eau des marais est préservée ! Le tournesol pressé produit de l'huile et du tourteau. Le tourteau remplace celui du soja donc pas besoin d'importer, de l'autre bout de la planète, des aliments contaminés par des OGM? L'huile est utilisée comme carburant dans le tracteur. Le tournesol est une plante facile à cultiver qui ne nécessite pas de traitement, donc pas de pollution. (Remarques: 1 tonne de graines produit près de 600 litres d'huile végétale et 600 kg de tourteaux de soja!).

Dernière innovation en projet qui permettra de s'affranchir de la corvée du « rabotage » pour évacuer le lisier de la stabulation : le nettoyage par « chasse d'eau ». L'eau de la lagune N°2 sera pompée grâce à l'énergie d'une petite éolienne (le site, bien exposé aux vents d’ouest, est particulièrement favorable), puis stockée en amont de la stabulation ou des logettes. Régulièrement, l'eau est brusquement libérée et lave le sol. Puis, canalisée dans la lagune N°1, elle se décante et rejoint la lagune N°2 pour un nouveau cycle...

En conclusion, le fonctionnement de cette ferme, résultat de plusieurs années de recherches avec une volonté de protéger l'environnement et d'accroître l'autonomie de l'agriculture, offre un exemple à suivre, notamment pour préserver l'eau : économies d'énergie, moins de béton, moins de pollution, moins d'odeurs, une charge de travail allégée, un paysage respecté (les lagunes s'intègrent bien dans l'environnement).

En espérant maintenant que l'Agence de l'Eau agrée ce dispositif dans le cadre du programme de maîtrise des pollutions d'origine agricole (PMPOA) et accordera les aides nécessaires à ceux qui innoveront vraiment dans le sens du développement durable !

Interview de Philippe GALLOT, agriculteur à HOTOT-en-Auge - Thierry et Dominique BERTHAUX

Technique de fauche ou comment aider le Râle des genêts

Comment sauver le Râle des genêts menacé de disparition dans les zones humides ?

Projet Picard (mai 2004) en collaboration avec les éleveurs, concernant les techniques de fauche.

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Arboriculture traditionnelle

Symbole de la Normandie, le verger traditionnel associant pommiers et pâture, avec des vaches sous sa ramure, le pommier haute tige a longtemps été autrefois l’apanage des cours plantées autour des fermes.

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L’instabilité ou plutôt la faiblesse des débouchés cidricoles, du fait de l’arrêt de la fabrication d’alcool d’état, la difficulté à trouver de la main d’œuvre, et la rationalisation des travaux agricoles ont conduit les agriculteurs à préférer le basse-tige à partir des années 1980-1990.
Cette régression constante du Haute-tige  peut se matérialiser en quelques chiffres : De 51 millions d’arbres en 1929, il est passé à 5 millions en 2005, avec une densité moyenne de 75 arbres à l’hectare. Si 30 % était destiné à la transformation par l’industrie cidricole, 10 à15% de la récolte pendante des HT (hautes tiges) part désormais chez les cidriers. Le solde est récolté en partie, ou valorisé en production fermière, ou vendu aux particuliers, ou bien autoconsommé.
Face à ce déclin du HT, des contrats ont été  mis en place pour favoriser le basse-tige dans les années 80. Le verger BT (basses tiges) avec des densités de 400 à 800 arbres/ha représentait 600 ha en 80 et 8200 en 2005, avec 3000 en Basse-Normandie, 1500 en Haute-Normandie, 1800 en Bretagne, 1150 en Pays de Loire et 750 dans les autres régions. La surface moyenne est de l’ordre de 5ha dont 80% est employé par l’industrie cidricole. L’offre commercialisable représente chaque année 210 000 T avec 175 000 T pour le BT et 35 000 T pour le Haute Tige.

Le verger cidricole normand

A l’énoncé de ces chiffres il serait possible de croire que c’en est fini de cette forme d’agriculture traditionnelle et qu’il ne reste plus de place pour le Haute tige. Cependant des passionnés continuent  encore ce type de plantation , en privilégiant ce patrimoine rural, reflet de notre culture paysanne. Même si la fonction économique a pratiquement disparu, ce matériel végétal adapté aux conditions locales (fruits à « double-fins », pommes séchées, cuisine, confiserie, gelées, cidre, jus de pomme, distillation…) constitue un formidable réservoir génétique qu’il convient d’entretenir et sauvegarder pour les générations futures. L’écosystème constitué entre l’arbre, l’herbe et l’animal abrite une grande diversité d’êtres vivants qu’il est impératif de maintenir en équilibre. Si cet équilibre est rompu c’est la pullulation de parasites (champignons, insectes, nuisibles,…). Pour favoriser cet environnement particulier, il est souhaitable d’espacer suffisamment les arbres pour leur assurer l’aération et d’adopter une taille en fonction du port variétal pour permettre une bonne ventilation et une photosynthèse optimum. Il est recommandé de maintenir ou d’installer des haies d’essences multiples qui serviront de protections contre les vents dominants, mais aussi d’abris aux auxiliaires. Il pourrait paraître paradoxal de préconiser la conservation des vieux murs, des tas de bois, des ronciers et des vieux arbres morts ou creux (qui peuvent être rabattus si ils présentent du danger). Et pourtant ces différents habitats permettent d’abriter des prédateurs des ennemis du verger, et de faciliter leur installation. Les belettes, hermines, couleuvres et rapaces sont des consommateurs de rongeurs (campagnols, lérots, rats taupiers …). Les oiseaux cavernicoles (mésanges, sittelles, torcols, huppes, pics, chouettes…) constituent des auxiliaires précieux pour la quantité d’insectes consommés chaque jour. Il faut par ailleurs  insister sur le fait que ce type d’habitats constitué par les hautes tiges représente un abri tout à fait important  mais aussi un habitat particulièrement indispensable pour une partie de la faune qui vit dans le marais au cours de la journée et regagne le « Haut-Pays » le soir. Dans le cadre des programmes d’études concernant le milieu, mais aussi les gens qui vivent autour du marais de la DIVES, l’association AMD souhaite s’intéresser aux plantations de pommiers présents sur la zone de manière à effectuer un recensement des vergers en fonction de leurs caractéristiques.

Définitions

. Jeunes arbres arbres de plantation récente (diamètre du tronc inférieur à 12 cm, pas encore en production)

. Arbres adultes diamètre du tronc supérieur à 12 cm (en production)

. Autres arbres arbres cassés ou partiellement morts (ne produisent plus)

. Verger dense 75 arbres et plus/ha, moins de 12 m d'écartement

. Verger clair 25 à 75 arbres/ha, 12 à 20 m d'écartement

. Arbres isolés - 25 arbres/ha, arbres distants de plus de 20 mètres, ou ensemble comprenant moins de 10 arbres

. Verger entretenu sans gui, écorce saine

. Verger non entretenu avec gui, écorce détériorée

Cette première localisation permettrait d’envisager de travailler par zones pour encourager la sauvegarde de l’existant, des plantations nouvelles favorisant un maintien d’une partie importante de notre patrimoine rural, avec une activité spécifique qui pourrait faire l’objet d’une animation à part entière.

Pour l’association Des Amis des Marais de la DIVES

Bruno FREMONT
bruno-fremont@normandnet.fr